Ligny, bourgade de quelque 2.800 habitants, appartient à la commune de Sombreffe, en province de Namur, aux confins du Brabant Wallon et du Hainaut.
Jadis partagées entre les métiers de la métallurgie et du charbon, les activités des Lignitois se concentrent davantage sur des emplois au sein d'entreprises nouvelles. Le secteur tertiaire et une agriculture performante et diversifiée, assurent le bien-être d'un nombre appréciable de ménages.
Deux sites d'intérêt écologique retiendront l'attention : Ligny-Carrières où fonctionne une station de pompage d'eau potable et son grand étang d'une eau particulièrement limpide et Ligny-Plage dont l'écrin de verdure ceinture une ancienne carrière de granit désaffectée et inondée.
La gare de Ligny-Carrières se trouve sur la ligne de chemin de fer Charleroi-Ottignies.
Anciennement, se trouvait également une gare à Ligny-Sud, sur la ligne Tamines-Landen. Celle-ci est remplacée par le TEC.
Historique
Ligny figure dans tous les manuels d'histoire.
Le 16 juin 1815, deux jours avant la célèbre bataille de Waterloo, les troupes prussiennes du feld-maréchal Blücher livrèrent un combat féroce aux divisions napoléoniennes.
A l'issue d'un affrontement indécis jusqu'à la nuit, les Prussiens entreprirent la retraite, abandonnant aux Français un champ de bataille couvert de plus de 20.000 tués ou blessés.
Ligny est repris cinq à six fois. Ce fut la dernière victoire de Napoléon.
Pendant 150 ans, le souvenir de cette bataille n'existera que dans les livres. Mais depuis 1965, Ligny décida d'en raviver la mémoire. Chaque année, le premier dimanche de juin, un cortège de soldats du 1er Empire et des fêtes populaires commémorent l'événement.
Depuis 1969, un canon orne l'entrée du village ; il vient de la forteresse d'Anvers, via un séjour au musée de la porte de Hal à Bruxelles.
Son motif est une pièce d'artillerie de forteresse ( n'a pas servi le 16 juin 1815 ) de 5.600 kilos et mesurant 4 mètres 20 de long, baptisée " le formidable ". Elle fut coulée à Douai le 14 septembre 1811 par J.T. Beranger.
C'est au rez-de-chaussée de l'ancien corps de logis d'une ancienne ferme transformée en centre historico-culturel que le Syndicat d'Initiative de Ligny a aménagé un musée napoléonien.
L'Ancienne ferme Frennet à Ligny des 17ème et 19ème siècles
Située Rue Pont Pirau, n°23 (aujourd'hui rebaptisée Centre Général Gérard qui abrite notamment le Musée napoléonien). Façades et toitures classées le 7 novembre 1978.
Le bâtiment se présente comme "une petite ferme clôturée avec logis construit au XIXe siècle en maintenant des pans de murs en moellons et les petites fenêtres à linteau droit sur montants à chaînage de la façade arrière d'une maison du XVIIe siècle. Grange en long du XIXe siècle dont la base en moellons percée d'une porte cintrée en pierre bleue, date aussi du XVIIe siècle."
Les salles ont conservé leur aspect d'antan (XVIIe siècle) : plafonds d'épaisses poutres de chêne et de briques inégales, pavements en schiste et pierres bleues.
Ligny était un " castellum ", un château fort, siège d'une Seigneurie, qui dépendait autrefois du Duché de Brabant et en partie du Comté de Namur (d'où: rue du Comté). Cette seigneurie était un fief dépendant de la seigneurie d'Heverlee. Le Château de Ligny se situant dans le champ délimité par la rue Emile Vandervelde et les deux lignes de chemin de fer (Louvain-Charleroi et Landen-Charleroi) à Ligny, a complètement disparu. Nous le découvrons toujours sur la carte de Ferraris, sur le premier plan cadastral de Ligny, vers 1825, et sur l'atlas des chemins de 1844.
La Ferme d'En-Haut
Ferme située ruelle du Curé. Ancien fief de la tour remontant au 14ème siècle. Porche-colombier daté de 1733. Monument et site classés le 8 décembre 1970.
La ferme d'En-Haut est considérée comme la plus ancienne de Ligny. Si au point de vue architectural, elle ne présente que peu d'intérêt, son histoire est par contre particulièrement attachante.
La ferme se trouve à côté du presbytère. Elle s'appelle également " ferme de la Tour " quoique désignée par Thiers dans l'histoire du Consulat et de l'Empire sous le nom " Ferme d'En-Haut ". Son origine est très ancienne. La ferme d'En-Haut est un ancien fief de la tour, relevant du Comté de Namur et remontant au XIVe siècle.
La Ferme d'En-Bas
On trouve une plaque commémorative à la ferme d'En-Bas: "Ferme d'En-Bas, dernier baston de la résistance prussienne à Ligny. Cette ferme soutint le 16 juin 1815 les furieux assauts des troupes impériales françaises du général Gérard. Prise et perdue plusieurs fois, elle fut enlevée par Napoléon à la tête de la Garde."
Waterloo! Waterloo! Waterloo! morne plaine !
Comme une onde qui bout dans une urne trop pleine,
Dans ton cirque de bois, de coteaux, de vallons,
La pâle mort mêlait les sombres bataillons.
D'un côté c'est l'Europe et de l'autre la France.
Choc sanglant ! des héros Dieu trompait l'espérance ;
Tu désertais, victoire, et le sort était las.
O Waterloo ! je pleure et je m'arrête, hélas !
Car ces derniers soldats de la dernière guerre
Furent grands ; ils avaient vaincu toute la terre,
Chassé vingt rois, passé les Alpes et le Rhin,
Et leur âme chantait dans les clairons d'airain !
Victor Hugo
Le Cercle royal Saint-Joseph, fondé en 1909, héberge une salle polyvalente d'environ 300 places. C'est un cadre extrêmement intimiste.
L'aventure de la PassionEn 1909, l'abbé Crépin, curé de Ligny, achète la vieille ferme historique dite d'En-Bas et y fonde le Cercle Saint-Joseph. Il y rassemble des activités sociales et culturelles dont la chorale Saint-Grégoire, l'harmonie et la dramatique. Cette troupe joue des pièces en français et en wallon et remporte un énorme succès. Cette riche expérience théâtrale et musicale ouvre la voie à une ½uvre puissante et vouée à une longue vie : « le Jeu de la Passion ».
C'était en 1925. Quelques acteurs de la dramatique revenaient de Nancy où ils venaient d'assister à la célèbre représentation de la Passion du Christ. Sous le coup de l'émotion suscitée par le poignant spectacle, l'abbé Mailleux qui les accompagnait fit un audacieux pari : « Ah ! si nous avions une petite Passion ... ».
Les répétitions commencèrent aussitôt sur un texte inspiré de la Passion d'Oberammergau.
Le spectacle comptait six tableaux, se terminait par l'Ascension qui ne figurait dans aucune autre Passion connue. Tous les rôles féminins étaient tenus par des hommes, les anges avaient des ailes. L'après-guerre vit le spectacle évoluer considérablement. Les rôles féminins étaient enfin occupés par les femmes tandis que les techniques modernes d'éclairage et de son donnent leur pleine mesure.
Plus de 160 personnes du village travaillent à cette manifestation et certaines en sont à la troisième génération d'acteurs ou du figurants.
La chorale de LignyUn dimanche matin, Monsieur le Curé Crépin réunit au jubé quelques hommes de bonne volonté. Comme son église serait belle, pensait-il si des voix d'hommes chantaient là-haut au-dessus des têtes courbées des paroissiens.
C'est ainsi que naquit la chorale en ce dimanche de l'an 1906.
A cette époque, l'église, toute en pierre bleue, était neuve et on venait d'y installer des orgues aux sonorités riches et puissantes. Les fonts baptismaux datent du XVI et XVIIe siècle. On y trouve de belles pierres tombales d'anciens seigneurs de Ligny comme celle de François de la Haye et de son épouse, et de Charles d'Argenton, mort en 1650 L'église actuelle dédiée à Saint Lambert date de 1894 et a été rebâtie sur le même emplacement que la 2e datant de 1753. Il s'agit d'un édifice néo-gothique en pierre ( 1890-1895 ).
Le Sacré C½ur, monument instauré en 1928 et rénové en 1953
Un siècle s'est écoulé. Quelques générations se sont succédé et la Chorale a bien évolué, la gent féminine a rejoint depuis longtemps le « sexe fort » qu'elle surpasse aujourd'hui en nombre !
Cependant ces transformations n'ont altéré en rien les sentiments d'antan : le plaisir de chanter, le besoin de s'amuser, le bonheur d'habiter un village aussi dynamique. En mai 2006, la chorale Saint-Grégoire a fêté ses cent années de chansons,
Ligny compte deux écoles au village : l'école communale avec son Comité : « les Ptits Lignards » et l'école libre St Lambert.
Le Patro de LignyDepuis des décennies, ce mouvement paroissial attire de nombreux garçons en quête de rencontre, de partage, de vie en société. Il y a peu de temps, celui-ci a fêté ses 40 ans de «ménagerie », rassemblant tous les totemnisés jusqu'à nos jours.
La LigneLa Ligne est un ruisseau de Belgique, affluent de l'Orneau (lui-même affluent de la Sambre) en rive droite.
Elle prend sa source à Wagnelée. Elle traverse Ligny, longe Sombreffe puis arrose les villages de Tongrinne, Boignée, Balâtre et Saint-Martin. Elle conflue avec l'Orneau à Mazy.
Il y eut à Ligny en son temps une marbrerie. Des blancs d'un granit réputé sont exploités entre Ligny et St Amand. Ces produits comparés à ceux qu'on obtient dans les carrières des Ecaussines se distinguent par un noir plus foncé ; pourtant ces derniers sont plus connus. On distingue dans le commerce ce granit sous le nom de marbre de Ligny ou granitelle noire.
Ce marbre était connu et apprécié à Paris où, pendant le règne de Napoléon 1er, il fut employé surtout comme recouvrement de meubles. Le Panthéon de Paris (1764) est dallé en Marbre de Ligny.
En février, la foire du livre de Ligny (Belgique) accueille quarante bouquinistes, les petits éditeurs et libraires de la région, des représentants de tous les genres littéraires : contes et légendes, polar, science-fiction, bande dessinée, biographie, paralittérature...
Depuis 1998, la Foire du Livre de Ligny ne cesse d'augmenter sa popularité. Déjà en 2001, la foire accueillait 3.500 visiteurs. Un événement de proximité, à la campagne, loin du stress des grandes villes, peu onéreux et accessible à tous. Organisée en collaboration avec plusieurs bouquinistes, la Foire est une belle occasion pour se procurer des livres rares à un prix abordable.
Le paysage de Ligny est celui des grandes plaines agricoles de la Hesbaye. Les riches campagnes céréalières et betteravières présentent un relief agréablement ondulé, parsemé de bosquets et strié de chemins creux.
Si l'architecture du village a été profondément modifiée par la modernité, il reste de superbes fermes de briques brunes et de jolies petites maisons serpentant le long de ruelles et de sentiers séculaires.